Suivez moi sur les routes....

14 janvier 2013

Entre Toulouse et Carcassonne

Nous sommes mi-septembre... Cela fait un peu plus de 2 mois que j’ai entamé mon « voyage initiatique ». Il est temps de me rapprocher de la région Rhône-Alpes, après toutes ces semaines d’expatriation…pour aller voir ce qui se fait dans mon coin.

Je rejoins Tom et Jonny pour une soirée sur Toulouse et reprends la route le lendemain, direction Lanta, un village à une vingtaine de kilomètres, à l’est de Toulouse. Je vais rencontrer un agriculteur céréalier. Une nouvelle porte s’ouvre pour moi. Je ne connais pas du tout ce métier. Les dimensions des parcelles, les volumes de production, la grandeur des bâtiments et les modes de commercialisation m’impressionnent. Xavier prend notamment le temps de me montrer les outils informatiques qu’il utilise pour suivre le cours des céréales, et ainsi prendre les meilleures décisions possibles pour vendre sa production. Ce métier allie des compétences très diversifiées, et notamment des compétences en lien avec la bourse….je suis impressionnée. Je ne me rendais pas compte de tout cela. Sa femme et lui-même m’invitent à passer la soirée avec eux. Je ne repartirai que le lendemain, direction Ste Eulalie.

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Ste Eulalie, un village entre Castelnaudary et Carcassonne. J’ai rendez-vous avec Gilles. Il est vigneron et militant au sein de la Coordination Rurale, un syndicat d’agriculteurs. Des choses, il en a à dire, et à la pelle. Je l’aurais écouté pendant des heures encore! Je suis gentiment accueillie par ses enfants. Ils ont entre 25 et 30 ans, et sont présents à ce moment-là sur l’exploitation pour des raisons diverses….ils n’habitent pas ici en temps normal. Le fait qu’ils soient là… ben c’est super !! D’abord, parce que c’est une belle occasion pour moi de les rencontrer. J’apprécie leur gentillesse, leur accueil, leur curiosité, leur côté entreprenant, toutes ces idées qui leur trottent dans la tête et ce doux mélange qui semble ressortir de leur fratrie : entre valeurs communes, et le fait que chacun semble aller vers sa vie.

 

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Gilles est en pleine période de vendange, le rythme est soutenu ! Nous le voyons apparaitre vers 21h. Le temps du repas, et c’est une avalanche d’idées, de convictions, d’années de combat qu’il m’explique. Avant d’être vigneron, il était lui-même céréalier. Et puis, il y a une dizaine d’années, il a eu la possibilité de reprendre cette exploitation familiale. Alors, il a observé ce nouveau domaine d’activité, s’est renseigné, s’est formé, a investi. Et voilà 10 ans qu’il le pratique.

 

 

 

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Sa passion il a apparemment su la transmettre : ses enfants semblent se passionner pour ce métier. L’un est en train de monter un bar à vin à Bruxelles avec sa femme, l’autre travaille chez un vigneron dans l’Hérault, tandis que la 3ème se forme à biologie. Quand ils regardent vers l’avenir, les 3 enfants se laissent porter par une question : n’y aurait-il pas moyen de trouver une équation logique entre l’existant de l’entreprise actuelle, les compétences que nous avons tous les 3 et la façon dont nous voyons l’avenir de l’exploitation ?

 

 

J’interroge Gilles sur son engagement au sein de la Coordination rurale. Ce syndicat a été créé au moment où l’Union Européenne a mis en place la PAC (Politique Agricole Commune). Persuadés que la mise en place de subventions à destination de l’agriculture allait dévaloriser ce travail de la terre, et que ça aurait des conséquences financières importantes pour ces personnes qui se lèvent tous les matins et travaillent dur pour produire les produits agricoles dont chaque homme a besoin de manière quotidienne pour se nourrir. Il faut en avoir du courage, de la conviction, de la persuasion pour se battre, à quelques-uns contre un mouvement qui prend une dimension européenne. Derrière ce combat, Gilles et les autres défendent un revenu, la reconnaissance d’un métier et la valorisation de l’agriculture.

Je suis impressionnée par l'engagement de ces hommes, et repars le lendemain en me demandant si mes épaules seraient suffisamment larges pour supporter ce genre de combat..?!

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Septembre 2012 - Back to Les Landes

Tellement kiffé l’éco-lieu, que j’y reviens !! Bien m’en a pris, j’ai passé 10 jours super sympas là-bas !

Ces 10 jours ont été l’occasion d’approfondir ma connaissance de ce lieu et des personnes qui y travaillent, mais aussi de leur passer un coup de main sur la rédaction d’un manuel à l’intention des consom’acteurs…les personnes qui viennent prendre leurs paniers de légumes.

J’y ai également rencontré Sandra, une p’tite nana, qui vadrouille également en camion, avec son chien Floyd. De formation Educatrice spécialisée, elle est partie à la rencontre de structures avec pour leitmotiv : éducation spécialisée, agriculture et travail en collectif. Elle ne sait pas ce qu’elle fera de tout cela, mais quelque chose la pousse dans ce sens-là, alors elle creuse (cette fois, je ne fais pas ma blague pourrie..). Je me reconnais dans la démarche qu’elle adopte. Pleine de pêche, de dynamisme et d’humour, j’aime à passer le temps avec elle. Je lui fais découvrir mon p’tit coin de paradis, au bord du lac d’Arjuzanx. C’est ma nouvelle colloc pour quelques jours !!

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Ce séjour-là est aussi l’occasion de découvrir une entreprise pour laquelle j’aurai rapidement beaucoup d’admiration. A la base, 2 jeunes entrepreneurs, charpentiers et amis de surcroit, qui font le pari de monter une entreprise ensemble. Leur spécialité : la charpente traditionnelle landaise. Landais dans l’âme, cette activité, est une manière de défendre et prôner leur culture !

Trois ans après la création de l’entreprise, la boite s’est bien développée. Ils sont dorénavant reconnus dans leur domaine d’activité, ils y ont leur place.

De nature dynamiques, entrepreneurs et fonceurs, ils souhaitent continuer à avancer, et notamment humainement. Leur équipe actuelle (c’est-à-dire tous les 2), ils souhaitent l’étoffer. L’idée derrière c’est de ramener du sang neuf, de nouvelles idées, de nouveaux défis….bref, c’est bien ça, continuer à avancer !! Les personnes qu’ils veulent embaucher, ils les connaissent, ce sont 2 de leurs amis. Ils en ont déjà parlé ensemble, tout le monde semble partant pour cette aventure.

Il s’agit là de doubler l’effectif de l’entreprise. Les gars sont confiants. Je suis impressionnée. En temps normal et avec le contexte actuel, combien d’entreprises réfléchissent finance, étude de marché, opérationnalité de l’activité, avant de penser défi, nouveauté et embauche ?

La question des gars est claire : « Au regard des 2 embauches que nous voulons faire, quelles activités devons-nous développer, quelle clientèle devons-nous approcher pour aller vers cet objectif ? »

Alors pour se faire, les 2 gars se donnent les moyens. Ils décident d’embaucher Laurence, une nana qu’ils avaient pu voir à l’action dans un autre contexte, pour qu’elle les fasse travailler sur le potentiel de développement de leur activité. Une réunion est prévue sur toute une journée. Ils acceptent gentiment que j’y participe. Je me charge de faire le compte-rendu de ce qui a été dit.

Les échanges sont passionnants, profonds, efficaces. Laurence m’impressionne dans sa façon de mener cette réunion. A l’écoute, compréhensive, adaptable, sentant les choses, directive, connaissant ses objectifs. La réunion est menée d’une main de maître. Un sans-faute !! On termine, il est 18h, les décisions nécessaires ont été prises. La date de la prochaine réunion est prise. Ils souhaiteraient embaucher pour début d’année 2013 !!

Je termine mon séjour dans les Landes avec une visite familiale. Quelques jours ensemble pour échanger, se ballader, faire de la planche à voile, et....valider le plat de crustacées annuel!!

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Auto-gestion: Et si ça me concernait...??

En cherchant mon chemin un jour, je franchis le pas de la porte d’une entreprise qui se trouve également sur le Plateau de Millevaches.

Je profite de cette occasion pour les interroger, ils me présentent leur activité : rédaction de documents de communication. La gestion de cette entreprise se fait de manière auto-gérée.

Tiens, tiens….un terme qui me revient de plus en plus aux oreilles, dont je me méfiais, voir même que je redoutais, mais que j’ai commencé à appréhender lors de mon séjour avec l’AlterTour, et que je voudrais dorénavant creuser un peu plus (ça tombe bien, on est en Creuse….j’kiffe mon humour !!)

Une des salariée me propose de déjeuner avec toute l’équipe la semaine d’après pour qu’ils me témoignent de la façon dont ils vivent cette notion au quotidien dans leur équipe. Trop sympa !!

Le mardi suivant, je me retrouve donc au restaurant avec eux, ils sont 6. Chacun s’exprime de manière individuelle, les avis convergent.

Outre la pérennité de l’entreprise et le fait de dégager un salaire, l’enjeu qu’ils gardent tous en tête est de venir au travail avec plaisir, de savoir pourquoi ils y viennent. D’y vivre leurs convictions.

Pour cela, une des choses dont ils me parlent le plus, c’est la nécessité de valoriser au mieux le potentiel de chacun, et le potentiel du collectif qui s’en dégage. Il s’agit alors d’apprendre à se connaitre, d’aller plus loin dans la relation.

« On se voit tous les jours, dans des situations différentes, donc les autres apprennent à te connaitre. Ils te montrent  tes qualités, tes défauts. Du coup, t’es obligé de ne pas penser que tu as toujours raison. Tu en tiens compte. La critique de l’autre ne te met pas en danger, elle te fait avancer ! »

Le fait de travailler dans cette ambiance, enlève une retenue, une lourdeur, qui fait place à plus de disponibilité dans le travail, de concertation, de communication.

La question qui me vient naturellement en tête, est celle des conflits, des mésententes entre eux. Ce à quoi ils me répondent, très simplement : « Il n’y a pas de garantie de trouver une solution aux problèmes humains. C’est du cas par cas. S’il y a séparation, ce n’est finalement pas plus grave que ça, non ? »

Je retiens également de cette conversation, une salariée qui me dit que ça lui ait déjà arrivé d’avoir envie d’expérimenter un projet au sein de l’entreprise et quand elle l’a exposée aux autres de l’équipe la réponse a été : « On n’y croit, mais si tu le sens, vas-y, tente ». Et cette dame, de rajouter : « T’en connais beaucoup toi des entreprises où tes collègues réagissent comme ça ? »

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Projets alternatifs et intégration sur le territoire

Le plateau de Millevaches, se situe à une soixantaine de kms à l’est de Limoges. Il est le carrefour entre Creuse, Corrèze et Haute-Vienne. Ce n’est, a priori, pas un territoire sur lequel j’aurais pensé rencontrer des projets alternatifs….et pourtant …. je déchante rapidement ! Le territoire est muni d’un nombre impressionnant de ces projets, à tel point que l’association DFER a été créée en 2005 pour coordonner ces différentes initiatives.

Les activités de ces initiatives sont diverses : épicerie, biscuiterie, brasserie, agence de communication, maraichage (en bio essentiellement), scierie, ressourcerie (collecte d’objets abandonnées en vue de les remettre au goût du jour et/ou en fonctionnement et les revendre), charpente et menuiserie, accompagnement à la création d’entreprise sur le territoire, et bien d’autres encore.  

Le coordinateur de DFER me reçoit pour m’expliquer le fonctionnement de la structure et me présenter l’organisation du territoire. Toutes ces initiatives sont principalement menées par des personnes qui à la base, sont extérieures au territoire, souvent munies de diplômes « élevés » (Master et plus) et qui, pour des raisons diverses ont fait le choix de venir s’implanter ici, en milieu rural, souvent avec pour objectif de « vivre autrement ». Bref, la démarche dans laquelle je me trouve actuellement.

Lors de l’entretien, il énonce de manière très naturelle, les termes de "natifs » et «néo-ruraux ». Plus je l’écoute, plus ça m’interpelle. Ca en vient à m'interroger sérieusement au bout d'un moment. J’ai l’image d’un cheveu sur la soupe qui me vient en tête, quelque chose qui vient se greffer là, où à la base il n’a pas tellement sa place. Quelque chose qui ne prend pas racine, ne s’ancre pas dans une histoire, une culture, un territoire.

Mais oui, bien sûr, cette sensation, ce n’est pas la première fois que je l’ai !! En Ariège, j’avais déjà pressenti quelque chose de cet ordre-là, avec toutes les initiatives que j’avais pu rencontrer, et ces personnes qui venaient d’ailleurs pour les mener.

Alors, je l’interroge sur ce truc un peu bizarre pour moi : « l’invasion » d’un territoire par des personnes qui n’en sont pas originaires, qui ont des idées géniales, mais qui pour autant, les mènent entre eux, sans que les gens qui soient originaires de ce même territoire y soient associés.

Et puis, de mon côté, je continue de m’interroger là-dessus, d’en parler à droite et à gauche…Au début, je juge, critique… et puis, je me rends compte finalement que ce genre de situation est récurrent car derrière on parle inconfort, difficulté, inconuu.

Ça me rappelle qu’au moment de partir en mission humanitaire au Tchad, je m’étais promis d’apprendre l’arabe, langue locale. Une fois les pieds sur le territoire, j’ai rapidement compris que nous étions une flanquée d’expatriés, nous parlions tous français, nous nous comprenions facilement et ma vie sociale pouvait largement se cantonner à ce milieu-là….et l’élargir me demanderait même un effort !! Alors, rapidement, cette bonne intention a disparu, au profit de soirées, sessions jogging, tricot et papotage entre nous « expatriés » !! Ce n’était pas les termes de « natifs » et « néo-ruraux » que nous employions mais bien ceux de « staff local » et « expatriés »…. Bref….finalement, c’était bien pareil…Et des exemples comme celui-là, j’en ai finalement, un certain nombre. Ce n’est pas pour autant que ça ne m’interroge pas. Car si je suis en partie revenue de mission humanitaire, c’est aussi pour cela.

Alors ma conclusion de cette réflexion, ben je la trouverai plus tard….: au regard de celle que je suis, je comprends, que ma quête d’essentiel, me mène à lâcher des schémas de fonctionnement que j’ai toujours eu (on parle alors résultats scolaires, carrière professionnelle, devoir familial….), et que pour ce faire, j’ai besoin d’être entourée, tirée vers le haut. Il semble donc logique que l’entourage de personnes audacieuses, innovantes, qui imaginent des projets fous, se mettent à rêver d’autre chose, n’ont pas peur de sortir de l’autoroute, des sentiers battus, prennent des risques, mettent de côté les « qu’en dira-t-on »….me soit nécessaire.

Mais …. le but du jeu est de rester libre dans cette démarche, que je ne me laisse pas à nouveau enfermer dans un autre système, un autre modèle…. où tout le monde pense, agit, vit de la même manière. C’est la diversité de mon environnement qui me permettra d’être celle que je suis, librement, et sera également garante de mon ancrage dans la réalité.

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Direction le Grand Nord....je pars pour le Limousin!!

Des souvenirs landais plein la tête et les questionnements que cela avait suscité…j’étais à fond, quand d’un coup, sur le bord de la route, je vois 2 gars, dont un qui agitait les bras de manière bien énergique.

Je m’arrête, ils font du stop, me demandent de les déposer quelques dizaines de kilomètres plus loin, à Angoulême. Ils montent….et ne descendront finalement que quelques 150 bornes plus loin…au bord d’un étang à moins de 10 km de ma destination finale.

Leandro est Argentin, étudiant ingénieur. Carlos est Colombien, étudiant en philosophie. Ils viennent de passer une année de leurs études à Poitiers, et sont sur la fin d’un voyage d’un mois entre Espagne et France.

Ce voyage avec eux, j’aurais voulu qu’il dure encore des heures !

Ecoute, respect, curiosité, encouragement dans nos parcours respectifs, des points de convergence sur des sujets spirituels, psychologiques, philosophiques….j’en garde un souvenir mémorable !!

Un grand, grand merci encore pour ce moment.

Le lendemain, les gars étaient toujours là. L’occasion de les retrouver autour d’un pic-nic avec Louis et Anouk !!

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Louis m’amène ensuite sur L’ile de Chaillac, à l’ouest de Limoges, où un groupe d’amis est en train de monter un projet agricole. Le site est remarquable. Une île campée là, au milieu de 2 bras de la Vienne sur laquelle un ouvrage d’approvisionnement d’eau a été créé. Ils ont réussi à faire remonter de l’eau de la Vienne au niveau de l’île et faire en sorte que ce canal la traverse tout du long pour approvisionner les différentes parcelles. On observe cela pendant de longues minutes. Nous sommes en admiration devant l’ingéniosité du système!!

Le projet agricole de ce lieu est ambitieux, diverses activités sont prévues : maraichage, vaches laitières et transformation du lait en fromage, poterie, activités artistiques et culturelles. D’autres pourront s’en rajouter au fur et à mesure....

Chaque membre du projet a sa spécificité, mais pour la 1ère année, ils ont décidé de consacrer toute leur énergie à l’activité maraichage. Quand nous passons, celle-ci bat son plein. 2 grandes serres sont montées, il faut rajouter à cela un espace en plein air.

Celui qui bat son plein aussi, c'est le générateur...ll ronronne régulièrement....aucune ligne électrique ne relie l'île pour le moment...courageux les grands!!

La salle de traite et l’atelier de transformation du lait sont en construction…l’atelier de poterie est en cours également...il y a du taf!!

Le programme est chargé pour la semaine d’après, ils attendent du monde pour une représentation de théâtre qu’ils organisent. Ils proposeront au public un repas….ils doivent sortir des frites pour plus d’une centaine de personnes. Nous les laissons à leurs occupations et finissons la soirée à St Junien, à écouter un groupe de musique dans la rue, sirotant nos bières et mangeant nos frites…pas celles de l’ile de Chaillac, elles ne sont pas encore prêtes….tant pis, nous reviendrons !!

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Rion des Landes et Arjuzanx

J’ai entendu parler d’un éco-lieu dans le nord des Landes….leur site internet m’intrigue, leur accueil téléphonique est chaleureux. Mickael, le coordinateur de la structure accepte de me recevoir pour un entretien. Je prends mon camion et file à Rion des Landes pour les rencontrer.

L’éco-lieu Jeanot (http://www.jeanot.fr/) est un site de sensibilisation au développement durable. Ils font du maraichage avec distribution de paniers :

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 Ont un jardin éducatif avec des plantes, légumes, animaux pour les enfants :

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Ils font de l’accueil de groupes sur plusieurs jours, grâce à des infrastructures qu’ils ont réalisées :

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Ils interviennent également sur des sujets de développement durable dans les pays en voie de développement. Ceux-ci ne sont que quelques projets sur lesquels ils sont.

Ce projet est né en d’une bande de potes, tous originaires du coin avec des idées quelque peu utopistes. Je suis intriguée de rencontrer ces personnes et de découvrir ce projet sur ce territoire.

Les Landes, c’est du sable, c’est plat, la dynamique en matière de projets alternatifs est minime, la population vieillissante….a priori, pas un territoire pour accueillir ce genre de dynamique. En tous les cas, je ne m’y attendais pas. Mais le fait que ce projet soit né dans cet environnement-là, lui donne un côté authentique, vrai, ancré dans une réalité locale….ce que je n’ai pas ressenti sur d’autres territoires où la concentration de dynamiques alternatives  étaient tellement importantes que l’on flirtait parfois plus avec du conceptuel.

Mickael a aux alentours de 25 ans. C’est un gars à la tête bouillonnante. Des projets, il n’arrête pas d’en avoir et pour cela, il bouge dans tous les sens pour faire en sorte qu’ils soient opérationnels. Il réfléchit cohérence globale des activités, réponse aux besoins du territoire, financement des différentes actions, recherche de compétences adéquates, etc.

 Je suis impressionnée par sa façon de réfléchir son rôle de coordinateur de l’équipe : « Mon boulot consiste à ressentir les besoins des uns et des autres, à écouter la façon dont chacun voit le développement de l’activité, et d’y donner une cohérence ».

Ce rôle-là, il l’a d’ailleurs bien réfléchi pendant plusieurs mois, il en a même fait un mémoire dont la thématique était : « Comment se rendre inutile (en tant que coordinateur d’une équipe, ndlr) ? ».

Je l’interroge et me passionne de ses réponses.

 

Je reste 2/3 jours dans le coin, et gare mon camion sur le bord du lac d’Arjuzanx. C’est un peu l’accomplissement du mythe du voyageur. Seule pour apprécier le coucher de soleil sur le lac… magnifique et le lendemain, ce même lac me fait office de baignoire géante. Personne aux alentours, c’est le kif suprême !!

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C’est au bord de ce lac que je rencontre un gars qui travaille au syndicat mixte de gestion des milieux naturels. On prend le temps de parler. Il m’explique son travail, son parcours atypique (ancien entrepreneur). Sa passion pour le milieu naturel et la plongée qui l’ont amené à postuler sur ce poste. Les idées de développement du site qui le taraudent, le potentiel de ce site naturel….mais il m’explique aussi la difficulté qu’ils ont à travailler en équipe, les problèmes de communication qu’il a avec sa hiérarchie, le manque de dynamisme qu’il ressent chez certaines personnes, le manque de confiance qu’on lui accorde. Ce n’est pas un travail d’équipe où l’on cherche à atteindre un objectif commun. Les initiatives qu’il propose sont régulièrement  jugées, annulées, cassées : « Mais non, tu vois pas que c’est impossible », « ce n’est pas de notre ressort », « financièrement on ne peut pas »….Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas prendre en compte les propositions qu’il fait.

Alors toutes ses belles idées de développement, ben il les garde pour lui, il ronge son frein. Ce n’est pas entendu en face. Alors il se contente du minimum. Il ne croit plus dans le travail qu’il fournit…en tous les cas, pas ici. C’est sa paie qu’il attend à chaque fin de mois. Lui, en parallèle, ben il a d’autres projets professionnels. Mais ça, il le garde pour lui. Et le jour où ce sera possible, il l’annoncera, on lui donnera son chèque. Ils se sépareront.  C’est lui qu’ils ont embauché, comme ça aurait pu être un autre. Ils n’ont pas tiré le maximum de l’unicité de ce gars. Et demain, c’est un autre gars qui prendra sa relève….et l’histoire recommencera?

C’est drôle, ça me rappelle un certain nombre d’histoires, cette affaire. Pas vous ?

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13 janvier 2013

Aout 2012 - Passage dans le sud-ouest

Après l’Ariège, le sud-ouest s’est imposé assez naturellement. Une partie de ma famille étant originaire de ce coin, c’était l’occasion d’aller sonner aux différentes portes. Je file à Espelette chez ma tante Maylis pour récupérer mon cousin Sydney, et nous voilà partie à faire le tour des différentes maisons familiales.


 

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 Et avec cette équipe de choc.....

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Nous en profitons pour nous balader dans le Pays Basque….entre mer et montagne…et passer une nuit...inoubliable....là-haut!

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Avant de reprendre la route un peu plus vers le nord, je m’arrête à Bidart, retrouver Angélique et des amis à elle avec qui je passe 24h…tout juste le temps de se retrouver, se donner des nouvelles, prendre un cours d’aquafitness, visiter St Jean de Luz et faire le point sur la suite que je donne à mon périple.

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10 janvier 2013

Le premier poème de ma vie

Alors heureusement, il y a des gens comme Richard, qui semble avoir compris la démarche dans laquelle je suis, qui y donne de la crédibilité, et par la même me permette de me souvenir (...toujours ce poisson rouge qui me trotte dans la tête!!). 

CHARLOTTE BOHEME

Et pourquoi pas vivre autrement

Une vie basée sur l'envie de vivre simplement

Elle se promène de ville en ville

Et assume son choix de vie d'exil

 

Cette jeune personne au coeur sensible

Charlotte, de son vrai p'tit nom

A tout de cette femme irrésistible

Qui n'hésite pas, si nécessaire, à monter au front

 

Aujourd'hui, c'est aquagym avec dame Angie

Puis ballade dans l'arrière pays

Ce soir, elle n'hésitera pas à prendre la route

Pour rejoindre amis et nouvelles contrées sans aucun doute

 

La nuit tombée, entre routes escarpées et maisons abandonnées

Charlotte garera son VAN loin des regards indiscrets

Nous aurons tous des pensées pour elle, la spontanée

Nous qui ne connaissions pas qui tu étais

 

Cette vie de bohème, c'est toi dorénavant

Tu as choisi vraiment le bon moment

Pour avancer dans ta vie à pas de géant

En parcourant ce monde au gré du vent

 

Richard, Bidart, le 13 août 2012

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29 août 2012

Portrait de Culbutos

Culbuto


Ci-dessous un texte qui m’a marquée. Le bouquin dont il est extrait est intitulé: « Les créatifs culturels en France », Association pour la biodiversité culturelle, Edition Yves Michel, p.83 à 85

« Ils sont à l’image des composantes de la biodiversité qu’ils ont le souci de préserver : à la fois uniques et pourtant semblables, à la fois communs et pourtant hors normes. De fortes personnalités qui ne rentrent pas dans les cases, parce qu’ils ont résolu de ne ressembler à personne, sinon à eux-mêmes. Voilà en fait à quoi ils marchent : ils cherchent simplement à faire ce qui est en accord avec leur conviction profonde. Le reste n’a pas d’importance. C’est une sorte de quête d’absolu qui pourrait s’apparenter à du développement personnel, du développement spirituel, voire les deux.

                Ils sont dans le mouvement de la vie. Ils ont compris que rien ne sert de s’accrocher à ses murs, ses objets, ses habitudes, tout change tout le temps. Ils ont accepté de se laisser porter par le cours des évènements, et font confiance à ce que l’avenir leur réserve. Ils n’ont pas peur. Comme Indiana Jones, ils savent que le chemin s’ouvre sous leurs pas.

                Ils dégagent une grande force. Chacun d’eux respire la sérénité et la passion, la tolérance et la conviction. Chacun d’eux est profondément ancré, et en même temps extrêmement adaptable, un peu comme ces petits personnages lestés qu’on appelle culbutos : ils bougent dans tous les sens, à la moindre pression, et pourtant il y a cette force étonnante qui les maintient au sol, et leur confère une totale stabilité.

                Ils se sont souvent affranchis du matériel, ou sont en train de le faire. En se dépouillant de ce qu’ils possédaient, en se libérant des conventions, c’est comme s’ils lâchaient leurs peurs, et se concentraient petit à petit sur l’essentiel. D’une certaine façon, consciemment ou pas, ils appliquent le principe bouddhiste de l’ici et maintenant : ils vivent avant tout l’instant présent. Et s’ils se projettent dans l’avenir, c’est surtout pour réfléchir à la portée de leurs actes.

                Les créatifs culturels voient haut et loin. Ils ont un sens aigu de la responsabilité. Citoyens, co-responsables du monde, ils entendent jouer pleinement leur rôle d’humain. Ils ont conscience, à chaque instant, du fameux « effet papillon », et savent donc que chacun de leurs actes influe sur le reste de la planète.

                Ils ne cherchent pas à briller, à être reconnus. La seule réussite qu’ils visent, c’est celle de la collectivité. Ils ont « l’esprit d’équipe » !

                Ils ne sont pas prosélytes. Certes ils aiment faire profiter les autres de leurs connaissances, mettre à disposition de tous ce qui pourrait leur servir. Mais chez eux, pas de harangue, plus trop de colères : ils sont passés à l’action, résolument. Ils savent que leur exemple vaut bien mieux que de longs discours, ils ouvrent la route, ils « font leur part », en quelque sorte, comme le colibri d’une de ces histoires circulant sur le net qui met un point d’honneur à aller prendre de l’eau dans son bec pour tenter d’éteindre l’incendie de la forêt….

                Les créatifs culturels ne rendent de comptes qu’à eux-mêmes.

                Ils sont les preux chevaliers, les « guerriers de lumière » du IIIème millénaire. Profondément convaincus de l’urgence et du bien-fondé de leur action, ils creusent leur sillon sans dévier, ils avancent sans se décourager, ils n’écoutent pas les persifleurs au bord du chemin.

                Ils nous parlent au cœur, directement, à cette part de nous-même parfois endormie mais qui ne demande qu’à vibrer à nouveau. Et ainsi ils sont capables de grandes choses ! Car il suffit de les écouter pour sentir grandir en nous une flamme, l’envie de croire encore à un monde de tolérance, de justice et de respect, où l’homme saurait enfin vivre en harmonie avec la nature.

                Pour peu qu’on leur donne la parole, les créatifs culturels pourraient bien lever derrière eux toute une armée de nouveaux guerriers, pacifiques mais déterminés.

                Et alors….Alors tout pourrait être possible ?! »

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25 août 2012

Compte-rendu Ariège

Après tout ça, j'ai du mal à me refuser de vous faire un rapide compte-rendu de ce que j'ai fait, en Ariège....la suite de mon dernier article.

ARIEGE:

"Allo Cécile? Oui, c'est Charlotte. Dis, est-ce que vous m'hébergeriez avec David 2/3 jours chez vous?" "Bien sûr", qu'elle m'a répondu, et "bien sûr" qu'ils m'ont aussi répondu à chaque fois que je réitérais ma demande pour prolonger mon séjour. 15 jours, j'ai squatté!! C'est comme ça que j'ai compris (et Cécile et David par la même occasion, je pense) que la dernière chose que j'avais à faire dans mon périple, était de prévoir les étapes suivantes. L'objectif étant de rencontrer des gens, il est urgent de ne pas se précipiter et laisser venir les choses.

C'est grâce à eux 2 que j'ai pu mieux connaitre ce territoire et rencontrer des personnes très variées.

Un territoire d'immigration ("néo-ruraux" comme ils disent), super dynamique, des idées innovantes, dans la mouvance alternative, en interrogation, expérimentation...

Sur ce territoire, j'ai rencontré:

- Aline, maraichère dans un village au fin fond d'une vallée. Je l'ai interrogé sur son parcours de vie, ses choix, et la raison de son retour à la terre. Un voyage au sein de son expérience de vie!

- Magali bosse au CIVAM bio de l'Ariège. Association accompagnant les agriculteurs dans leurs activités, leur conversion en bio, et ayant également une action plus globale sur le développement de la filière bio sur le territoire. On a parlé objectifs et organisation de la structure, interaction des politiques publiques avec leurs activités, et pérennité de la filière bio sur un territoire militant, comme l'Ariège.

-Christian, lui bosse à l'ONF (Office National des Forêts). Aujourd'hui en fin de carrière, il est engagé depuis le début dans une activité syndicale. Au-delà de l'action de l'ONF (préservation des forêts), pour lequel il est foncièrement convaincu, c'est surtout de l'activité syndicale dont il m'a parlé. Ca a été l'occasion pour moi de poser mes a priori sur une action que je voyais comme "gueularde" et non constructive. Nous avons abordé la notion d'engagement, de vision collective, et la vision que les nouvelles générations avait de ces notions là. 

-François tient une société d'élevage de bovins, transformation en viande et vente directe. Ingénieur de formation, il s'est laissé guidé dans un lâcher-prise total en s'engageant, tout jeune professionnel, en tant que salarié agricole sur une exploitation. Il n'avait pas forcément prévu cela, mais il a senti que c'était le moment et l'endroit. Aujourd'hui, il est responsable de cette même entreprise, composée de 17 personnes et d'activités qu'il a su mettre en place et faire évoluer. Il s'apprête aujourd'hui à laisser sa place, notamment à des membres de sa famille. Une belle réussite d'entreprise familiale.

-Patrice, lui est agriculteur en vaches laitières et allaitantes. Un homme d'une quarantaine d'années, originaire du coin qui m'impressionne par sa curiosité, son ouverture d'esprit, et sa capacité à poser un regard global sur son activité. Il parle d'agriculture raisonnée plutôt que d'agriculture bio. Il réfléchis ses responsabilités en tant que professionnel et agriculteur: comment puis-je contribuer à l'effort de société au regard de mon métier, et de la manière dont je le mène? Alors, il observe son activité: il a d'un côté de l'herbe qu'il récolte et qu'il doit faire sécher pour nourrir ses bêtes, et d'un autre côté des vaches qui dégagent des gaz, transformables en énergie, et qu'il doit nourrir. Je le revois encore me faire le schéma d'une "boucle qui se boucle": tu as des vaches qui dégagent des gaz, ces gaz sont transformés (en méthane si mes souvenirs sont bons), cette énergie permet de sécher l'herbe nécessaire, qui elle-même permet de nourrir des vaches, celles-ci dégagent des gaz......"Ca parait tellement logique, ça me saute tellement au yeux, que ça doit se faire", m'avait-il dit. Ce raisonnement, cette façon de regarder, réfléchir les choses, je l'ai trouvé absolument géniale!!! Une logique infaillible!

-Maryse est en libéral sur une activité de développement personnel, et en parallèle, intervient avec des médecins, auprès de malades touchés par le cancer. C'est un ressenti qui lui a fait démarrer cette expérience: la maladie c'est un mal à dire. Nous avons abordé, pendant cette discussion, la notion de ressenti, écoute de soi.

 

L'Ariège, ça a aussi été l'occaz d'une belle rando à Fontargente, où j'ai revu, par hasard, dans ce trou paumé, des amis de longue date, une belle surprise!

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Posté par Charlottenroute à 18:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]